Mort à l'arrivée
La sinusoïde est rythmée par le deux tons. Dans cet enfer blanc, cette cage métallique je vois battre mon cœur dans une bulle verdâtre. Je le sens dans la cage thoracique. Désordonné comme ma vie, envie de s’envoler à jamais. Et moi sur cette civière qui voudrait le retenir, moi qui ne l’ai jamais aimé.
J’essaye de rassembler mes idées. C’était pourtant une belle soirée. Une de libations et de fumée. J’étais déjà fatigué, exsangue, mais sur ma vie, je ne l’aurais jamais loupée. Sur ma vie…En ce moment elle se joue a pile ou face dans cette ambulance. Pile le bip, face l’attente de la sinusoïde.
Plus fort que la mort. J’ai toujours joué à pile ou face, j’ai pipé les dés, j’ai truqué mon existence, troqué la santé pour « a salute », fumé jusqu'à plus soif, humé jusqu'à plus faim, vécu jusqu'à la fin.
Encore une piqûre d’adré, je m’engourdis, le masque sur le nez, spectateur de mon film. Les visages sont crispés, pros, mais crispés, tendus. Le geste compte, précis comme un scalpel, massage, vérification, coup d’œil, exhortation à rester. Mais moi je glisse, je le sais. La pièce est en train de retomber. De quel coté ?
Pile ou face ? Je la vois tournoyer. Quel que soit le coté, je n’ai pas de regret. Je suis venu, j’ai bu, j’ai vécu. Je n’ai pas de regrets. Je me suis consumé, cigale qui ne voulait pas voir venir l’hiver. Je m’enfonce dans l’ouate tandis qu’on essaye de me ranimer.
La pièce est retombée au moment ou le véhicule s’est arrêté. J’ai juste vu le panneau lumineux marqué « Urgences » avant de sombrer. La pièce est terminée. Rideau.
J’essaye de rassembler mes idées. C’était pourtant une belle soirée. Une de libations et de fumée. J’étais déjà fatigué, exsangue, mais sur ma vie, je ne l’aurais jamais loupée. Sur ma vie…En ce moment elle se joue a pile ou face dans cette ambulance. Pile le bip, face l’attente de la sinusoïde.
Plus fort que la mort. J’ai toujours joué à pile ou face, j’ai pipé les dés, j’ai truqué mon existence, troqué la santé pour « a salute », fumé jusqu'à plus soif, humé jusqu'à plus faim, vécu jusqu'à la fin.
Encore une piqûre d’adré, je m’engourdis, le masque sur le nez, spectateur de mon film. Les visages sont crispés, pros, mais crispés, tendus. Le geste compte, précis comme un scalpel, massage, vérification, coup d’œil, exhortation à rester. Mais moi je glisse, je le sais. La pièce est en train de retomber. De quel coté ?
Pile ou face ? Je la vois tournoyer. Quel que soit le coté, je n’ai pas de regret. Je suis venu, j’ai bu, j’ai vécu. Je n’ai pas de regrets. Je me suis consumé, cigale qui ne voulait pas voir venir l’hiver. Je m’enfonce dans l’ouate tandis qu’on essaye de me ranimer.
La pièce est retombée au moment ou le véhicule s’est arrêté. J’ai juste vu le panneau lumineux marqué « Urgences » avant de sombrer. La pièce est terminée. Rideau.
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