Les extraterrestres sont des êtres humains comme les autres
Le Français est un Italien triste disait Cocteau. Tandis que cette phrase résonne en moi comme un tocsin martelé par la séance de tirs au buts, que les larmes se mélangent à la sueur dans les rangs de vaincus et des supporters massés comme je le suis dans cette tribune en plein air, que sur un coup de dés, le sort scelle la fin d’une équipe et d’une époque, je pense à lui.
Lui. L’extraterrestre à qui l’on reproche d’être un homme. Pour qui l’on a brandi les cartons subis (si peu en regard de tant de matches). Pour qui l’on se désole comme s’il était le héros d’une tragédie Grecque.
Lui qui a tant donné et qui se retrouve en position de recevoir un jugement sans valeur, sans droit à la défense, sans connaître les causes de cette rupture qui lui a mis un voile rouge devant les yeux et dans le cœur.
Le demi-dieu est tombé, tel est le terrible résumé dont se repaissent les rapaces de la presse. Pauvres plumitifs prompts à descendre ceux qu’ils ont porté au pinacle avec la même absence de discernement. Ceux qui lui écrivent qu’il ne sera jamais comme Jesse Owens ou Pelé et dont on ne sait pas comment ils réagiraient dans une situation aussi absurde. Qui vomissent leur vitriol, qui taclent à la carotide.
Dans ce monde politiquement correct, il est de bon ton de s’insurger contre la violence. Mais ami bloggien, qui ne rêve pas au moins une fois par jour, même subrepticement, même subliminalement de mettre un coup de boule ?
Dans ce mondial à l’image de nos vies de plus en plus chaotiques avec son cortège de cafteurs, de coups bas, de tricheurs, d’insultes, comment pouvait il en être autrement ? Combien a t’on vu de gestes inexcusables ? Impardonnables ? Et non sanctionnés jetant l’opprobre sur toute velléité de justice ?
A l’instar de Cassius Clay, de Carlos Monzon, de Michael Schumacher, d’Eric Cantona de Zidane et de tant d’autres, les extraterrestres ne sont ni des Dieux, ni des exemples. Ils sont avant tout des hommes avec leur talent, leurs forces et aussi leurs faiblesses.
Ils sont faits comme nous. De chair et de sang. Et ils font des conneries, comme nous. C’est ce qui nous lie le plus à eux.