Au secours ! l'Eté revient !

Publié le par Serval

Malgré la sueur qui perle au front, malgré la langueur moite de la nuit, malgré les rougeurs et brulûres en tout genre dues au soleil, malgré les horreurs en shorts et sandales orthopédiques allemandes, voire en mini jupe exposant cellulite et bronzage approximatif autour du maillot et faisant penser à une vache normande affublée de couleurs voyantes, on est quand même bien content de revoir l’été.

 

L’Eté c’est la saison ou le prolétaire gai comme un pinson s’en va un peu oublier la machine a laquelle il s’est lui-même enchaîné pour aller tester dans les embouteillages de l’autoroute sa nouvelle voiture surchargée afin de savoir si oui ou non elle chauffe autant en direction du sud sur la route des vacances qu’en direction de sa gare de banlieue le matin sur le chemin du travail.

 

C’est la période bénie ou l’on se fait un break afin de mieux y entasser tous les gri-gri (pastis , boules de pétanque, bouées gonflables, serviettes de plages chamarrées a faire vomir un caméléon et j’en passe) indispensables a des vacances réussies.

 

C’est le moment joyeux ou les métros se vident et les plages se surpeuplent. La queue est moins pénible au soleil paraît il. Ou l’exaltation de griller de manière synchrone autour du même calorifère perché la haut dans le ciel ne fait plus penser aux vieux qu’on abandonne dans des mouroirs entassés autour de l’unique climatisation de la maison de retraite et qui peuvent ainsi goûter aux joies de la surpopulation dans la salle de télé entre Derrick pour dormir et le Tour de France pour voyager un peu.

 

C’est le créneau ou on cesse d’écouter de la musique pour mieux se gaver de ritournelles lascives sponsorisées par des marques de soda afin de récupérer à la canette les calories perdues sur la piste de danse à se déhancher au son de musiques exotiques issues du folklore péruvien ou moldo-polvaque et adaptées a la hache par les sampleurs du binaire à la noix.

 

Malgré tous les poncifs et les stéréotypes qu’on accumule d’années en années et que l’on reprend quand on change de vêtements et de lieu de résidence, on est quand même bien content de revoir l’été, de s’entasser comme les manchots du dernier empereur (le sable en plus, les icebergs en moins), de déborder de nos maillots moulants et de se laisser enfin hâler

 

Pour ma part, je pense quand même que cette année je vais aller faire retraite dans une abbaye de moines trappistes belges spécialisés dans le culte du houblon blanc…

 

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Publié dans Toutes griffes dehors

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