L'enfant
L’enfant est là, devant moi. Tant d’années passées, de sacrifices, de souffrance, de peur aussi. Peur de tout, de la fièvre, de la tristesse, de le voir partir à l’école, de guetter son retour de l’école.
Il est la ce petit d’homme. Cette extension de ma chair destinée à assouvir mes rêves. Non, destinée à assouvir ses rêves. On ne fait pas un enfant pour soi, on le fait pour lui. On ne transfère pas ses échecs sur un clone élevé pour obtenir sa revanche.
Il est devant moi le petit d’homme. Je lui ai tout transmis, mes valeurs, ma musique, mes passions devenues sans objet depuis qu’il en a trouvé d’autres.
Et puis un jour, c’est plus pareil. Un enfant, tu l’aimes, il grandis , tu le choie, il se blottis. Et un beau jour tu as devant toi une autre personne. Regard d’acier teinté de liberté. Au début c’est marrant, tu te fais charrier parce que au bout d’un quart d’heure pénible tu as réussi a finir avant dernier à « Gran Turismo » alors que lui il a joué deux heures non stop, a ouvert tous les circuits et chopé tous les bolides. Alors tu va te venger sur une cote en vélo, parce que ce jeune con confond (mais pour combien de temps encore) pignons et plateaux.
Ensuite tu passeras pour un vieux crouton à parler de Skoblar et Magnusson, des poteaux carrés de Glasgow. Tu lui parlera de pogo il te répondra rave. Tu lui fera écouter Ferrat, Ferré, les garcons bouchers, Reggiani, il te rétorquera Damien Saez, Matmatha, Tryo, l’année du rat, et tu conviendras qu’il n’a pas tort non plus.
Tu ne veux pas passer pour un vieux con, comme ce père que tu as aimé et détesté à ton adolescence, et c’est pourtant ce que tu es en train de devenir.
Tu va hurler, au nom de l’expérience, contre les substances exotiques que tu as avalé, qu’elles soient liquides ou parties en fumée, mais tu ne pourras pas l’empêcher de tester lui aussi. Tu as si souvent craché à la gueule de l’ordre établi que maintenant tu te sens ridicule avec tes admonestations et tes paroles de cureton.
L’enfant est la devant moi. Il est prêt à franchir cette porte que je redoute tant. A n’être plus un enfant.
Il est la ce petit d’homme. Cette extension de ma chair destinée à assouvir mes rêves. Non, destinée à assouvir ses rêves. On ne fait pas un enfant pour soi, on le fait pour lui. On ne transfère pas ses échecs sur un clone élevé pour obtenir sa revanche.
Il est devant moi le petit d’homme. Je lui ai tout transmis, mes valeurs, ma musique, mes passions devenues sans objet depuis qu’il en a trouvé d’autres.
Et puis un jour, c’est plus pareil. Un enfant, tu l’aimes, il grandis , tu le choie, il se blottis. Et un beau jour tu as devant toi une autre personne. Regard d’acier teinté de liberté. Au début c’est marrant, tu te fais charrier parce que au bout d’un quart d’heure pénible tu as réussi a finir avant dernier à « Gran Turismo » alors que lui il a joué deux heures non stop, a ouvert tous les circuits et chopé tous les bolides. Alors tu va te venger sur une cote en vélo, parce que ce jeune con confond (mais pour combien de temps encore) pignons et plateaux.
Ensuite tu passeras pour un vieux crouton à parler de Skoblar et Magnusson, des poteaux carrés de Glasgow. Tu lui parlera de pogo il te répondra rave. Tu lui fera écouter Ferrat, Ferré, les garcons bouchers, Reggiani, il te rétorquera Damien Saez, Matmatha, Tryo, l’année du rat, et tu conviendras qu’il n’a pas tort non plus.
Tu ne veux pas passer pour un vieux con, comme ce père que tu as aimé et détesté à ton adolescence, et c’est pourtant ce que tu es en train de devenir.
Tu va hurler, au nom de l’expérience, contre les substances exotiques que tu as avalé, qu’elles soient liquides ou parties en fumée, mais tu ne pourras pas l’empêcher de tester lui aussi. Tu as si souvent craché à la gueule de l’ordre établi que maintenant tu te sens ridicule avec tes admonestations et tes paroles de cureton.
L’enfant est la devant moi. Il est prêt à franchir cette porte que je redoute tant. A n’être plus un enfant.
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