Matin plus vieux

Publié le par Serval

C’est ma dernière soirée. La dernière de mon année. Le compte à rebours est enclenché et l’aiguille trésaille d’un tic balourd qui me rapproche à chaque seconde de mon anniversaire.

Je suis bien. Seul. Loup solitaire calfeutré dans sa tanière. Le silence est à peine troublé par le tic-tic de la pendule. Je respire.

Tandis que s’égrènent les secondes, je donne un coup d’œil dans le rétroviseur de ces douze derniers mois. Je crois décidément que je ne comprendrais jamais rien à la géométrie du bonheur. Celle qui passe du cercle de famille au triangle amoureux en faisant un crochet par le carré des amis fidèles. Chez moi ces figures prennent toujours des formes tarabiscotées, impossibles à calculer. Mes histoires font plus de volutes que de volume et la seule chose que je sache prendre c’est la tangente.

Un coup d’œil un peu plus appuyé, et je me rend compte que j’ai dépassé la date limite de validité du scénario original. Une trajectoire météorique que je m’étais forgé ado. Un destin à la James Dean ou mieux encore, à la Boris Vian.

Quel con ! J’ai toujours faim de longues nuits et de petits matins, de pitreries et de beuveries, de bras tendus et de baisers, de révoltes et de cris. J’ai envie de garder mon immaturité et plus peur de la perdre comme un pucelage à l’heure ou pointent les responsabilités. Comme le jour de mes trente ans ou tout d’un coup au milieu de la fête je me suis retrouvé plaqué en haut d’une chaise d’arbitre de tennis, à observer, à me rendre compte que je quittais mes années vingt et quelques pour rentrer dans le monde des adultes.


Je crois que c’est pour ça que je n’ai pas voulu de fête depuis. Pas de passage obligé. Pas d’enterrement déguisé sous des monceaux de musique et des litres d’alcool. De toute façon j’ai toujours haï la joie sur commande. La fête s’improvise, elle doit surgir au moment le plus inopportun. Pas comme ces réceptions guindées ou, pire encore, ces soirées du samedi soir en boite ou l’on va gigoter pour avoir l’air heureux, et qui ne sont finalement que le pendant organisé et joyeux des journées de boulot. Huit heures de trime contre huit heures de frime.

Voilà, j’ai fait le tour de mon nombril tandis que les grains colorés s’amoncelaient doucement dans le sablier. J’ai quelques bons livres, le monde à portée d’écran, une bouteille de Jack et des clopes.

Pour demain, la météo a annoncé un matin pluvieux. Pour une fois, elle ne s’est pas trompée.

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Publié dans Les inclassables

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S
C'était un site qui contre l'envoi de son e-mail promettait de donner les 1001 manières de draguer quand on n'est ni beau ni riche (ce n'est  pas une blague !!!)Effectivement au niveau des promesses on n'était pas loin du psBruno ! Je rigole aussi (mais il y a quand même un gars qui s'était engagé a ce qu'il n'y ait plus de 2 millions de chômeurs ) ;-))
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S
Un site marchand d'escroquerie manifeste? Tu parles de changer-le-ps.com? Non mais parce que si c'est ça, il en reste encore 2 des com' sur cette page en doublon spam à 11h39 et 11h40.<br /> (C'est pour rire, Bruno, je me fais un peu chier aujourd'hui ;-)
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S
1 Commentaire annulé pour cause de renvoi sur un site marchand d'escroquerie manifeste.
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S
alors profites bien Sacha....et prend soin de tes rêves ;-)
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S
Je ne sais pas, je n'ai toujours pas atteint l'âge adulte ;)
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