Elle s'appelait fait divers
Loin de moi, très loin de moi ami bloggien de l’idée de céder aux sirènes bleutées du sensationnalisme a tout prix (1 € ?, 2 € ? 3 peut être selon la qualité du papier, la photo choc ou l’aura du journaliste forcément « témoin » de son époque).
Excuse-moi, mais pour ce premier post après avoir laissé involontairement ce blog en jachère depuis deux mois, je n’avais pas trop le cœur à la gaudriole.
Elle s’appelait fait divers.
Elle est peut-être près de toi, a une porte palière, une place du bus tant qu’il ne se transforme pas en torche alimentant le désir de vacuité des imbéciles qui veulent faire comme tout le monde parce que le désir qu’on parle d’eux est plus fort que l’envie de faire quelque chose. Elle est effacée, gommée, juste taillée à grands traits, fondue dans le décor, impalpable victime et bourreau qui te fera dire que « non, elle était sympa et qu’on arrive pas a croire ce qu’elle a fait… » Avec ça toi aussi, et grâce à elle, tu auras ta minute de célébrité. Diable, avoir côtoyé une tueuse d’enfant ça force le respect, tu vas en avoir des choses à raconter demain devant la machine a café…
C’est dur un enfant qui meurt. Non, je ne parle pas de ce malheureux bambin qui n’aura même pas eu le temps d’être chrysalide, je parle d’elle à jamais basculée dans la trappe du monde adulte parce qu’elle n’avait plus de nourrice et qui monte ce faux enlèvement, tellement faux dans sa voix quand elle le décrit devant les caméras, ce barnum improbable pour la aussi faire comme les autres, les Villemin dont on parle tant en ce moment.
19 ans c’est un age bête pour mourir. Surtout quand il s’agit d’un suicide par homicide. Qu’est ce qui a pu se passer dans la tête de cette enfant ? Qu’est ce qui ne s’est pas passé dans celles bien pensantes de ceux qui la côtoyaient, qui ne voyaient que cette silhouette falote ?
Et surtout combien y en a t’il d’autres ? Fondues dans notre décor, prêtes à passer à l’acte, « desperate housewifes » de banlieues, d’HLM, ou dans ces maisons bourgeoises aux accents feutrés et qui hantent nos cités.
Elle s’appelait fait divers,
Une fleur fanée en plein hiver…