Autour de moi, les fous
Ils sont tous là ce dimanche matin pour un non-événement. Jean Paul II fait du sur place. Comme si c’était existentiel, comme si c’était utile. Comme si cela valait le coup de dévoiler une plaque à son nom sur le parvis de Notre Dame, comme si cela servait à quelque chose d’assister à ça dans la joie ou dans la protestation. Si l’on commençait sérieusement à analyser les faits et gestes de la vie de ceux qui aujourd’hui dénomment nos rues et nos avenues, il faudrait retirer la moitié des plaques de nos cités. Quant à l’avenue de la République, une simple impasse pourrait malheureusement suffire parfois.
Mais il y a les fous.
Il y a ceux qui croient qu’honorer un pape d’une place suffira à faire oublier que la propagation du SIDA en Afrique est due à sa politique stupide et meurtrière. Qui sont persuadés que la chasse aux sorcières homosexuelles s’effacera devant le respect du saint homme. Qui ne doutent pas que leur berger reviendra et béatifiera les grenouilles de bénitier et tous ceux dont le sexe fait la génuflexion avant l’érection pour arroser de leur semence divine la pécheresse juste bonne à faire des gosses et la cuisine. Pour qui, ceux qui ne croient pas en leur dieu, qui ne partagent pas leur idées, leurs rites, leurs codes sont une menace qu’il faut éliminer au nom du respect des valeurs humaines et de la démocratie…
Et il y a ceux qui ne se lèvent que pour protester, pour se complaire dans leur morale anti-tout comme s’ils détenaient le savoir ultime. La parole biblique de la déconstruction. Qui fragilisent des mouvements et des colères légitimes par leur jusqu’au boutisme afin de mieux briller dans les salons ou l’on pense…enfin, ou l’on pense surtout à briller. Qui n’ont comme conviction que la dénégation, comme auréole que la manifestation, comme dieu que le mépris de ceux qui ne partagent pas leurs idées, leurs idéaux, leurs codes et qui sont une menace qu’il faut éliminer au nom de la démocratie et du respect des valeurs humaines…
Leurs drapeaux n’ont pas les même couleurs, mais finalement ce sont les mêmes intégristes, athées ou croyants, intolérants quels que soit leur dieux ou leur idéaux, quel que soit son nom, quelle que soit la religion avérée ou pas, et ce à travers la planète qui en crève depuis deux mille ans de ces guerres incessantes pour la satisfaction des potentats du culte.
Certaines personnes ont besoin d’un dieu, moi pas.
Jean-Paul II fait du sur place.
Non événement à Paris.