Les guignols de l'Irak
Bizarre comme l’histoire bégaye. La photo d’Al-zarqaoui mort, exhibée comme il y a quelques décennies celle du Che. Et le même triomphalisme de pacotille : « On est les gentils, on a gagné ».
Même propagande. La s’arrête le parallèle.
Guevarra était un homme guidé par le désir de voir son peuple émerger de la dictature de Batista. Ce fût un leurre on le sait pour un peuple immergé depuis dans celle de Castro. C’était un idéaliste qui n’avait eu besoin de personne pour se faire un nom et qui symbolisera à jamais la Révolution.

Al-Zarqaoui n’était rien. Un salaud anonyme. Un illuminé dont l'idéologie se résumait au meurtre et à la barbarie. Un boucher. Un opportuniste qui avait trouvé le moyen de se faire remarquer en égorgeant un otage américain. Cela lui avait valu de se faire respecter dans les sables mouvant irakiens ou les américains s’enlisent pour le bon plaisir du roi nu et des compagnies qui ont financé son ascension à la Maison-blanche.
On ne le pleurera pas. On ne pleure jamais une marionnette. Surtout quand c’est le camp d’en face qui l’a crée.
Il fallait un grand méchant en Irak. Quelqu’un pour incarner le visage de l’horreur, du mépris des peuples et des gens, le terrorisme, l’abjection. Un personnage de show télé comme l’a été en son temps Kadhafi. Ou plus proche de nous Sadam ou Ben Laden. Mais l’un est en prison et l’autre insaisissable.
Il a donc eu droit à son avis de recherche, les épanchements des médias et une chasse à l’homme en règle qui s’est conclue ces jours derniers par l’annonce de sa mort (on n’allait pas le juger quand même, les USA sont un pays démocratique et l’Irak aussi désormais). Et puis le number one en Irak dessoudé c’est top. Surtout quand il est aussi un des number two de son maître (nouvelle tendance : la multiplication des numéros deux, un peu comme dans les jeux vidéos).
Belle victoire donc sur un méchant crée de toutes pièces comme une arme de destruction massive. Et qui ne résoud rien parce qu’Al-Qaida n’est pas, aux dires des experts, une organisation verticale avec ses numéros 1, 2, 3 etc…mais une organisation horizontale ou plusieurs leaders peuvent émerger. Une Hydre dont il faut couper toutes les têtes et non pas se glorifier d’en avoir fait tomber une seule.
Ce n'était rien d'autre qu'un coup médiatique. Une scène de Guignol ou chacun à joué son rôle. Ou nous sommes spectateurs. Le rideau peut retomber. Il est rouge ? C'est normal c'est la couleur du sang.