Le taon qui court
Le taon. La grosse mouche qui inocule des parasites. Aux animaux et aux hommes. Qui affole les troupeaux, les lance dans une course folle.
Plus communément appelé « rumeur ». Se déplaçant au son du « on m’a dit que… », « il paraît que… »
Et c’est ainsi « que… », c’est ainsi que l’on propage le virus, que l’on pond les œufs, que l’on fait éclore l’opprobre, que l’on éclabousse, que l’on salit de taches indélébiles car au fond des fibres de lin blanc il reste toujours la trace de la rumeur., les ancrages de la tumeur.
Colportage de presse, de bureau, de palier, de café du commerce, voire de bouquins. Destinés à affaiblir l’autre, celui qui ne vit pas comme nous, qui ne pense pas comme nous, qui ne réagit pas comme nous. Destiné a valoriser celui qui sait, qui répand, qui se répand, qui se nourrit de bruit, qui recrache et amplifie.
On a tous des taons qui volent autour de nous, qui viennent parfois se confier, qui viennent défier ensuite en toute impunité car une fois lancée, la rumeur devient anonyme, ultime lâcheté. On a tous vu, ou lu des taons qui colportent sans aménité, sans vérifier, sans la moindre investigation pour exister à travers du papier ou meubler la lucarne à la mi-journée. On les voit instiller leur poison et dementir après, toujours après, mais trop tard alors que le venin est inoculé que ce soit dans notre entourage, ou dans ce que l'on nout donne à brouter.
Pourtant quand on y regarde de près, les taons ont pour cible principale les bœufs et les moutons….Les ruminants et les bêlants, une arche de Noé faite à leur mesure. Devrons
nous attendre le déluge avant que les humains se rappelent qu'ils ne descendent pas des ces espèces la ?
Le taon court en attendant...