Je ne sais pas rentrer
J’aime traîner. Je ne conçois pas la fin. Pied de nez à la vie, doigt pointé à la mort. Obligation de continuer. Requin tombant au fond des eaux s’il s’arrête de nager.
J’aime la vie, j’aime le bruit, j’aime le son des verres entrechoqués, j’aime la fumée, j’aime les fous, les paumés, les malades qui se déballonnent au fond des rades pourris, skaï et formica, néons agressifs, boule argentée sur le zinc usé, cendriers Ricard appelant à consommer du jaune. Du jaune pisseux comme la déco passée, jaune honteux comme les toilettes souillées, jaune heureux comme le soleil, éclatant en bouche, bronzant les amygdales, irradiant comme un soir d’été, saluant le coucher, promesse d’une cuite annoncée.
J’aime la vie, pas celle qui se lisse sous les pelisses, mais celle qui est dure sous les pelures.
J’aime la nuit. La nuit me cache les cons, les prétentieux, les mort-vivants. La nuit fait surgir les vivants-morts. La nuit est complice, la nuit efface les voitures qui vroument, crée un halo uniforme transpercé d’illuminations. Les vaisseaux fantômes, monuments pompeux le jour, réapparaissent entourés d’une aura fantasmagorique, squelettes soulignés de lumière ou jeux de projecteurs les mettant en valeur.
Je ne sais pas rentrer. J’aime cette ronde de nuit. Lumière crue au fond des troquets, lumières ouvragées dans la ville endormie. C’est peut-être la que cette ville me paraît plus humaine…et que la vi(ll)e coule dans mes veines.
J’aime la vie, j’aime le bruit, j’aime le son des verres entrechoqués, j’aime la fumée, j’aime les fous, les paumés, les malades qui se déballonnent au fond des rades pourris, skaï et formica, néons agressifs, boule argentée sur le zinc usé, cendriers Ricard appelant à consommer du jaune. Du jaune pisseux comme la déco passée, jaune honteux comme les toilettes souillées, jaune heureux comme le soleil, éclatant en bouche, bronzant les amygdales, irradiant comme un soir d’été, saluant le coucher, promesse d’une cuite annoncée.
J’aime la vie, pas celle qui se lisse sous les pelisses, mais celle qui est dure sous les pelures.
J’aime la nuit. La nuit me cache les cons, les prétentieux, les mort-vivants. La nuit fait surgir les vivants-morts. La nuit est complice, la nuit efface les voitures qui vroument, crée un halo uniforme transpercé d’illuminations. Les vaisseaux fantômes, monuments pompeux le jour, réapparaissent entourés d’une aura fantasmagorique, squelettes soulignés de lumière ou jeux de projecteurs les mettant en valeur.
Je ne sais pas rentrer. J’aime cette ronde de nuit. Lumière crue au fond des troquets, lumières ouvragées dans la ville endormie. C’est peut-être la que cette ville me paraît plus humaine…et que la vi(ll)e coule dans mes veines.
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