NRV

Publié le par wolvie

Je sais, je sais ami bloggien…je vais encore faire mon vieux con…Mon analphabète incapable de déchiffrer entre les lignes, et dans ce cas plutôt les ondes, ce qui allait arriver.

Mais tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir 18 ans dans les années 80. La dernière génération à avoir voté a gauche, la dernière engeance à avoir pu baiser sans risque et sans capote, les derniers crétins à avoir cru en un monde meilleur…Et celui la commençait par la radio.

Ultime transgression au monopole d’état, avec un émetteur bricolé au fond d’un atelier et pas plus gros que deux paquets de clopes on s’adressait aux masses…enfin les masses, c’était la moitié de la classe de notre lycée, l’autre n’ayant au choix pas la FM ou l’autorisation parentale de se coucher après 22 heures. Tremblants d’une peur assumée de se voir repérés par les véhicules gonio de la police qu’on à jamais vu…Une rumeur qui accréditait notre aura auprès des filles de terminale C.

Radio Ephémère (la bien nommée), Radio Chandelier (qui n’a duré que le temps d’une bougie). On passait nos disques craquelants. Des trucs improbables pour les radios périphériques, Bowie, Suzie Q, Led Zep, Marvin Gaye, Johnny Cash, Ange, Iggy Pop, Lou Reed, Brian Eno, Genesis. Je me souviens bien de Genesis pour avoir animé une spéciale dont tous les textes étaient repompés sur le guide Akai ( !?) chourré par un copain à l’hyper du coin. Et quant on était fatigués, on mettait une cassette et c’était « ½ heure de funky non stop ! ». Notre titre de gloire ? Le jour ou appelés par la poignée d’auditeurs inquiets, les pompiers ont loyalement défoncé la porte du studio ou « l’animateur » s’était endormi à coté de sa platine qui faisait des cloc cloc depuis une heure. Amateurs revendiqués !

De radio libre et pirates, on est devenus « tolérés » et radios locales privées…Les commerçants du quartier nous ont apporté leur soutien en échange d’un peu de pub clandestine (Ah ! le disquaire nommé par ses initiales…). Puis la mairie s’en est mêlée. Ca sentait l’industrie, la récupération…je me suis barré.

Aujourd’hui les Nouvelles Radios Vieilles passent en boucle, rotation lourde ça s’appelle, les disques formatés que l’on veut te fourguer à coup d’exclusivité et de concours a deux balles pour gagner une place pour le concert à Toronto. La tranche 6/9 est la plus cotée, si tu grattes bien, tu passes à la télé. Changeant de concept tous les deux ans (funk, pop, rock, rap, 80’, 90’ etc, etc…), filiales de groupes audiovisuels, elles servent à élargir l’audience des radios installées. Fin de l’aventure.

Cette époque est révolue, parce l’époque évolue et que j’ai sur mon époque jeté mon dévolu. Je n’ai pas de regrets…sauf de ne pas voir pointer la relève.



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Publié dans Toutes griffes dehors

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