Je mens

Publié le par wolvie

Je mens, j’enferme mes délires, mes mauvaises pensées. Je travestis la réalité pour ne pas assumer, pas assurer. Caparaçonné dans une enveloppe de gaîté, je diffuse en boucle une image qui rassure. Une sorte de téléréalité personnelle ,un produit lessiviel pour écarter les importuns et donner un semblant d’apparence lisse. Un personnage composé, incarné. César ad vitam du meilleur interprète de la masse, de la nasse ou je me sens emprisonné.

Plus blindé qu’un coffre-fort. Les plaques d’acier qui me recouvrent masquent les lézardes et les fêlures. Le crépi qui tombe. Les barreaux aux fenêtres de mon âme, mes erreurs et mes doutes.

J’avance dans la masse, je me débat dans la nasse. Je me noie en cherchant l’accroc dans les mailles du filet….Oh ! je voudrais tant filer. Devenir poisson-volant. Sauter par dessus ce chalutier qui sans cesse me ramène au port. Repartir dans la mer, au plus profond, la ou il n’y plus de lumière. Dans le silence bleu ou mon corps décomposé reprendrait forme.

L’ultime liberté, sans frontières. Porté par les courants du Pôle à l’Equateur. Oublier ces terre-à-terriens qui ne songent que fric, carrière, épater le voisin, briller comme s’il ne voyaient pas qu’ils ne sont que de petits feux follets à l’existence éphémère.

Oublier ceux pour qui la vie ne doit pas comporter d’anfractuosités, pas d’aspérités, que de la conformité. Une vie dans l’ordre et la sécurité. Une liberté qu’ils sont prêts à aliéner pour ne pas sortir de leur moule-carcan tellement accepté.

Mais je m’égare, Monsieur, Il faut que je rentre chez moi. M’éloigner des mailles du filet, me fondre dans la masse, me couler dans la nasse.

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