Le passage
J’aurais du me méfier. Le téléphone a grelotté. Pas la sonnerie habituelle, une sorte d’angélus. Une mélopée funèbre. Muezzin sur son minaret, téléphone arabe mille fois composé.
J’ai appris la nouvelle comme on prend une balle dans la peau.
Plongée dans les eaux troubles de notre passé. Là ou le docteur Whisky et son double nous avaient parfois noyés. La ou on à refait le monde entre les deux eaux du petit matin vagissant quand le nuit abandonne la partie et va se terrer sous d’autres méridiens, d’autres humeurs, d’autres douleurs.
Remontée au soleil. Aux délires sur la terrasse, a cet électrophone bricolé pour écouter les Stones, les Doors, les Who. A ce mur de canettes que son père voulait monter pour faire une cloison de verre. A la folie. A la vie. A ce bordel, a ces cyclos trafiqués. A la mama et sa soupe au pistou.
Apnée pour retrouver les lambeaux du passé. La GS neuve fièrement ramenée, les blessures, les broches et à la sortie le panneau bleu marqué d’un « H » volé pour le transformer en table de jardin avec quatre pieds soudés. Pied de nez.
La dernière fois que je l’ai vu, il nous avait retrouvé, famille atterrée, venue pour un autre décès. Il était dans l’autre aile de cet hôpital. Mort vivant attendant le repos. Coopérant, il avait donné son sang. Prophylaxie mal maîtrisée. Il avait aussi contaminé sa femme et son bébé. Dans cette époque troublée ou l’on diabolisait, j’ai été le seul a l’embrasser. On disait tant de mensonges à l’époque, comment leur en vouloir ? Vieux , usés, cannés, ils ne craignaient pas pour eux, ils m’en ont parlé après. La peur de transmettre est parfois plus forte que la peur de mourir.
Seul il s’en est allé, seul j’allais le visiter quand le téléphone le téléphone m’a informé qu’il avait trouvé le passage.
La balle m’a déchiqueté.
J’ai appris la nouvelle comme on prend une balle dans la peau.
Plongée dans les eaux troubles de notre passé. Là ou le docteur Whisky et son double nous avaient parfois noyés. La ou on à refait le monde entre les deux eaux du petit matin vagissant quand le nuit abandonne la partie et va se terrer sous d’autres méridiens, d’autres humeurs, d’autres douleurs.
Remontée au soleil. Aux délires sur la terrasse, a cet électrophone bricolé pour écouter les Stones, les Doors, les Who. A ce mur de canettes que son père voulait monter pour faire une cloison de verre. A la folie. A la vie. A ce bordel, a ces cyclos trafiqués. A la mama et sa soupe au pistou.
Apnée pour retrouver les lambeaux du passé. La GS neuve fièrement ramenée, les blessures, les broches et à la sortie le panneau bleu marqué d’un « H » volé pour le transformer en table de jardin avec quatre pieds soudés. Pied de nez.
La dernière fois que je l’ai vu, il nous avait retrouvé, famille atterrée, venue pour un autre décès. Il était dans l’autre aile de cet hôpital. Mort vivant attendant le repos. Coopérant, il avait donné son sang. Prophylaxie mal maîtrisée. Il avait aussi contaminé sa femme et son bébé. Dans cette époque troublée ou l’on diabolisait, j’ai été le seul a l’embrasser. On disait tant de mensonges à l’époque, comment leur en vouloir ? Vieux , usés, cannés, ils ne craignaient pas pour eux, ils m’en ont parlé après. La peur de transmettre est parfois plus forte que la peur de mourir.
Seul il s’en est allé, seul j’allais le visiter quand le téléphone le téléphone m’a informé qu’il avait trouvé le passage.
La balle m’a déchiqueté.
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