Une souris ou un rat ?

Publié le par wolvie

J’ai des souvenirs mélangés avec Disney. Des vieux souvenirs d’émerveillement quand j’étais gamin et que j’allais voir les films au cinéma en rêvant au bonheur de ces enfants américains qui pouvaient visiter le parc d’attractions dont je ne voyais que des images à la télé. Des souvenirs plus âpres quand j’ai pris conscience que ce bon vieux Walt était en fait une vielle baderne raciste qui avait nettoyé nos bons vieux contes européens, dont il avait fait ses dessins animés et sa fortune, selon une philosophie limite fascisante.

Et puis vint Disneyland Paris ( primitivement baptisé EuroDisney). Je me souviens de ce discours inauguratoire du PDG Michael Eisner expliquant que Paris n’était qu’une attraction à coté de son parc et indiquant que la ou l’on faisait pousser de l’orge et de la betterave, maintenant on allait faire du blé. Franchement je m’en foutais, j’allais enfin réaliser un rêve de gosse.

Je n’ai pas été déçu et mes enfants non plus. Même si tout fonctionne comme un triptyque, (une attraction, un restau, une boutique) destiné à te faire consommer. Même si le service d’ordre ( je rappelle que la Police Nationale n’a pas le droit de pénétrer à l’intérieur du Parc ( zone de non droits ?)) relève plus de la milice. Je le sais pour en avoir fait les frais un soir ou j’ai foulé une pelouse avec ma poussette parce que ma fille était malade et que je me suis retrouvé entouré de quatre malabars en train de m’expliquer que je marchais sur une propriété privée.

Aujourd’hui Disneyland est rentré dans notre paysage. On ne se rappelle plus les entreprises de construction mises à genoux par les conditions draconiennes imposées à l’époque. On a oublié la discrimination à l’embauche (pas de moustache, pas de boucles d’oreilles etc..). On ne pense plus aux impôts payés pour prolonger la ligne de RER, détourner la gare TGV afin qu’elle passe à proximité du Parc. On ne fait plus attention à l’aire de pique-nique sciemment placée a un kilomètre afin que tu te sentes obligé d’acheter à prix d’or une pizza congelée de la taille d’un crackers Belin, ni du mouroir à chiens à l’entrée.

Disney, ou le temple de l’arrogance et de la consommation, qui fabrique du rêve et qui est une réalité de cauchemar.

Disney qui a cassé mes rêves et fait naître ma conscience. En ce sens je te remercie Walt.
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Publié dans Toutes griffes dehors

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