Les Icissiens
Je suis d’ici. De ma ville, de ma cité, de mon quartier et de ma rue ou j’ai grandi.
J’ai été à l ‘école ici, je me suis battu ici, j’ai appris la vie ici, j’ai appris l’amour ici, caché derrière une porte dans une chambre avec des posters voyants et la crainte de voir débouler les parents…ou pire le grand frère.
Mes parents eux venaient de nulle part, comme la plupart des parents de mes potes. Ensemble nous avons bâti une communauté, un quartier irrigué par un sang mêlé. Eux se chargeaient de nous inculquer de grandes idées et des valeurs fondamentales, nous les gamins de faire respecter notre territoire face aux intrus des autres cités disséminées entre l’autoroute, la voie express, la zone industrielle et ces quartiers aux noms de saints (Louis, Joseph, Marthe…) qui bien avant nous recréaient déjà des microcosmes au sein du même arrondissement.
La Ville c’était plus bas, loin, à une demi-heure de bus. L’Europe ? Le monde ? A quoi bon se déranger quand vous habitez une tour de Babel ou tout le monde se réclame d’une seule et unique fratrie, d’une seule et unique patrie : Ici.
Je suis d’ici, vous dis-je. Ici, je connais tous les passages secrets, ici on me connaît et on me craint, ici je ne remarque plus le délabrement de quarante années de mis à l’écart, la fin des petits commerces, la MJC ou l’on fumait des joints, le parking souterrain irrémédiablement fermé, le saupoudrage des politiques (une piscine ou un gymnase par élection), l’école plus au normes, le collège dont les grilles ont presque doublé de hauteur (de peur qu’on s’en évade ?), les keufs trop voyants pour prévenir les échauffourées alors qu’on se baladait avec des cutters ou des plombs de pêche dans les poches.
Ici, c’est chez moi. Ici, je crains dégun.
Ici, que ce soit dans ma cité, ma région ou mon pays, on nous a oublié. Mais je suis là, j’attends. Ici, dans mon désert des Tartares.
J’ai été à l ‘école ici, je me suis battu ici, j’ai appris la vie ici, j’ai appris l’amour ici, caché derrière une porte dans une chambre avec des posters voyants et la crainte de voir débouler les parents…ou pire le grand frère.
Mes parents eux venaient de nulle part, comme la plupart des parents de mes potes. Ensemble nous avons bâti une communauté, un quartier irrigué par un sang mêlé. Eux se chargeaient de nous inculquer de grandes idées et des valeurs fondamentales, nous les gamins de faire respecter notre territoire face aux intrus des autres cités disséminées entre l’autoroute, la voie express, la zone industrielle et ces quartiers aux noms de saints (Louis, Joseph, Marthe…) qui bien avant nous recréaient déjà des microcosmes au sein du même arrondissement.
La Ville c’était plus bas, loin, à une demi-heure de bus. L’Europe ? Le monde ? A quoi bon se déranger quand vous habitez une tour de Babel ou tout le monde se réclame d’une seule et unique fratrie, d’une seule et unique patrie : Ici.
Je suis d’ici, vous dis-je. Ici, je connais tous les passages secrets, ici on me connaît et on me craint, ici je ne remarque plus le délabrement de quarante années de mis à l’écart, la fin des petits commerces, la MJC ou l’on fumait des joints, le parking souterrain irrémédiablement fermé, le saupoudrage des politiques (une piscine ou un gymnase par élection), l’école plus au normes, le collège dont les grilles ont presque doublé de hauteur (de peur qu’on s’en évade ?), les keufs trop voyants pour prévenir les échauffourées alors qu’on se baladait avec des cutters ou des plombs de pêche dans les poches.
Ici, c’est chez moi. Ici, je crains dégun.
Ici, que ce soit dans ma cité, ma région ou mon pays, on nous a oublié. Mais je suis là, j’attends. Ici, dans mon désert des Tartares.
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