Y a t'il une mort après la vie

Publié le par wolvie

Tout est affaire décor, de couleur et d’époque…de nostalgie aussi, parce qu’on est toujours nostalgique d’un temps révolu, d’une période bénie, d’une parenthèse enchantée.

Les pieds bien calés dans ses chaussons, on est fiers de montrer à nos enfants les rétrospectives de nos vertes années, prouver que nous aussi on a été « djeuns » avec au bout de nos chaussettes de laine autre chose que des charentaises, et au fond de nos cœurs des idéaux de liberté et d’humanité dont la plupart ont échoué au bord des rives de cet horizon que nous croyions atteindre, alors que doctes et graves nous nous approchions de la vie active.

Que reste t’il de nos luttes ? du droit des femmes à l’égalité des chances, de l’avortement à l’avènement d’un société (non pas meilleure) mais plus juste, des pamphlets des nos journaux lycéens qui nous valaient un sourcil réprobateur du proviseur, de cette anarchie d’amphis, de ces discussions enflammées jusqu’au bout de la nuit, de ce nihilisme que nous professions…quelques lois amendées au fil du temps par les réactionnaires de tout poils parce que supérieurs et prétentieux dans nos oripeaux d’intellectuels qui allaient changer la face du monde, nous avons juste oublié de transmettre le flambeau.

Nous nous sommes arrêtés en plein élan, parce que de nos frasques estudiantines sont nés les enfants pour qui nous voulions cette justice, que nous croyions avoir gagné, que nous sommes devenus responsables au lieu de rester rebelles…et qu’aujourd’hui tout est à refaire parce que les calotins de tout poils (sur la tonsure ou sur le menton) reviennent à la charge, médiatisation à l’appui.

Mais que reprocher aux médias ? Nous avons vécu sous une chape de plomb, et franchement, je ne regrette pas que nous ayons accès à l’information, juste que l’éducation, le discernement, la réflexion aient disparus face à la culture de l’immédiateté et à la course à l’audience

Et puis a force de rétrospectives et de chaînes câblées et ciblées, nous avons quand même gagné le droit de revendiquer Casimir, Goldorak, Aglaé et Sidonie, Kiri le clown, Ange, Magma, Hendriks, Deep Purple, Joan Baez, Ferré, Moustaki, Godard, Sartre et j’en oublie involontairement et volontairement aussi je l’avoue…

Aujourd’hui quand la révolte gronde, quand les feux se propagent, ce sont les médias qui les attisent, le quart d’heure de gloire de la cité version TV…et nous, nous comprenons sans accepter parce que si le cœur reste a gauche, le portefeuille est désormais à droite.

Nostalgiques d’un temps révolu, d’une période bénie, d’une parenthèse enchantée… parce que tout est affaire décor, de couleur et d’époque.
Publicité

Publié dans Toutes griffes dehors

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article