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Voili voilou…Septembre a commencé. La lente glissade de l’automne approchant vers les fêtes de fin d’année. Passages obligés, la rentrée, la Toussaint, le dernier tiers provisionnel et j’en passe.

 

Petit pincement au cœur, petit pansement pour masquer la nostalgie de ce bizarre été oscillant entre canicule et pluie incessantes, manière de souffler le chaud et le froid.

 

Que retenir de ces deux mois ? un coup de cœur qui se transforme en coup de sang et termine en coup de boule, la chape de plomb sur les affaires Clearstream et autres joyeusetés de la vie politique, un acte imbécile qui sert de prétexte à une offensive imbécile, dévastatrice et meurtrière, l’incapacité des grands à gérer la montée en puissance nucléaire des petits, la précarité sous nos yeux devants nos portes et sans solution humaine.

 

Dénominateur commun de tout cela : l’impuissance.

 

Quant à l’automne, il sera sous le signe de la campagne électorale 2007…Elle sera sanglante, sauvage. Les premiers coups bas sont déjà portés. La rentrée va exacerber les tensions, les mots, les petites phrases, les alliances et les mésalliances. Il y aura des morts. Ca à déjà commencé.

 

Chacun ira de sa promesse futile, démagogique ou puérile. Chacun tentera de capter l’attention par un show, par une présence, un blog que sais-je…

 

Et nous, nous resterons les éternels spectateurs, les dindons de la farce, les dindons farcis devrais-je dire. Enfarinés jusqu’aux yeux par la poudre de perlinpinpin. Pendant ce temps là, les salauds, les vrais, continueront de pérorer, de s’autoproclamer gardiens du temple et de la patrie. Des gardiens en bottes cloutées à l’écart du monde polissant plus que poliçant leur discours pour faire moins peur, cachant plutôt que crachant leur haine et leur mépris de tout ce qui ne leur ressemble pas.

 

J’aimerais croire que nous ferons entendre notre voix, que le dénominateur commun de tout cela ne sera pas aussi l’impuissance.

 

Car là il s’agirait de la notre.

Tu étais presque au bout. Toujours entre deux attaques, l’avant dernière et l’ultime. A chaque fois cette perte de facultés, ce terrain perdu qu’il fallait regagner à coup de rééducation et d’orthophonie.


Depuis tes seize ans tu travaillais, au début au noir avant d’avoir un vrai boulot. Depuis toujours tu avais été actif, jamais au repos, toujours a faire, à défaire pour améliorer. Tu ne te contentais jamais.


Tu ne pouvais pas te résoudre à baisser, à ne plus pouvoir conduire, a ne plus pouvoir sortir ton bateau. Peut-être que le premier AVC aurait du t’emporter huit ans plus tôt. Cela aurait été peut-être mieux. Depuis tu t’éteignais comme un filament usé, laissant a chaque fois des bribes de son passé.


On riait la veille, et ce soir là quand je suis repassé, un mot griffonné m’attendait sur le palier. J’aurais aimé être la, être près de toi, je ne t’aurais jamais permis de franchir le pas.

On s’est loupé de peu, vingt/trente minutes maxi. C’était ton dernier acte et je m’en veux un peu de ne pas avoir été présent.

 

Je voulais parler de ce mec qui est mort il y dix ans ce soir. Ce type était mon père.

Avant de m’être renié, de m’être oublié, perdu dans mon inhumanité. Avant d’être passé de l’affliction à la réalité. Avant d’avoir fait des rencontres, d’avoir changé de trottoir, d’avoir tourné le dos à l’espoir. Avant que la peur me fascine et me pique à l’adrénaline.

 

Avant quand j’avais des regrets, des remords, quand j’avais une âme, quand je n’étais pas cet être froid et glacé jusque dans les méandres de son cœur. Quand raisonner était juste logique, pas pragmatisme, pas calculé par avance du profit que je pouvais en retirer. Quand je n’était pas fais fait de silex et d’acier mais de bois tendre ou parfois s’écoulait la rosée.

 

Quand je n’étais pas un monstre froid aux neurones remplacés par des circuits imprimés. Que je ne cherchait pas l’immédiateté.

 

Quand la vengeance ne me rongeait pas, quand le diable ne me tentait pas. Quand mon chemin était un but et pas une fuite.

 

Quand sous l’épiderme ne tressaillait pas les vapeurs des paradis artificiels liquides et brumeteux.

 

Avant que je ne bascule, que je ne mette un genou à terre que pour resurgir plus fort, plus dur, plus violent. Que ma loi individuelle occulte la loi collective.

 

Avant que la vie ne me marque.

Avant…

 

Quand j'étais un homme


 

C’est à chaque fois la même chose. Cette cage qui absorbe ma poitrine, dont les barreaux d’acier m’empêchent de respirer. Ce souffle qui devient court, ce ventre qui devient le siège de toutes mes pensées, noué, déchiré, torturé. Cette boule qui remonte, qui m’étouffe qui grossit comme une pelote de laine  me raclant la gorge, m’ôtant la voix faisant saillir des gouttelettes au coin de mes yeux striés.

 

Pourtant la vie m’a appris à relativiser, a ne plus m’engager, a chercher systématiquement la porte de sortie, l’issue de secours, parcours jalonné d’échecs, paranoïa non autorisée mais toujours tapie. Chancre, cancrelat de mon esprit.

 

Je crois que je ne supporte pas le bonheur, en tout cas le mien. Que je cherches toujours la voie d’eau au lieu de regarder les vagues que fend la proue. Galérien, rameur, souqueur, venu d’un temps lointain.

 

Je l’attends, je sais qu’elle viendra.

 

Je sais par avance que chaque nouvelle histoire aura sa fin. Je ne peux pas, je ne peux plus concevoir que de l’éphémère. Pourtant dans tous les ports au j’ai cru accoster, j’ai cherché un havre. Pourtant à chaque fois je suis reparti coque éraflée, voiles déchirées. Parti au vent mauvais.

 

J’attend la fin comme si je cherchais a lire la dernière page du livre. Comme si je ne concevais pas les rivages, juste les traversées. Instinct de fuir. Lâcheté au milieu de l’océan. No man’s land ou je me ressource sans bouée, sans balise, sans sextant jusqu’à la prochaine escale.

 

Chaque aventure est une coupure, plus ou moins profonde, plus ou moins saignante. Je ne sais pas faire autrement que de larguer les amarres des que je me sens en danger. Danger de rester, de rebâtir, de respirer, de rester à terre. Alors je reste à quai. Au bout de la jetée. Jeté parfois, parti souvent. Horizon noir ou je me précipite. Précipice ou je tombe pour rejaillir dans les flots.

 

Liberté du flux et du reflux. Liberté au goût de cendres, au prix de la douleur. dont j’ai besoin pour me sentir presque vivant. Zombie trouant la nuit pour mieux s’y enfoncer à nouveau.



C’est devenu moche, sale routine a laquelle on n’a pas échappé.

Et pourtant, on n’a pas creusé de sillon , juste griffé le sol, juste giflé la vie de notre bonheur insupportable. Le couple exemplaire…quelle connerie. Celui que les amis envient mais qui est comme un iceberg, brillant et lisse au dessus, noir et plein de crevasses au dessous. Et puis surtout glacé, refroidi, mort sous la surface des apparences.

 

C’est sur, les copains le jour ou on va l’annoncer, on a intérêt à les asseoir dans le canapé et leur servir un starter bien tassé. Pour atténuer le choc…et puis surtout pour éviter les pleurnicheries, les faux semblants, le confessionnal dans la cuisine ou dehors sous la lune grise. Pour éviter les rancœurs, les compassions, les tapes dans le dos et les pleurs.

 

Tiens il me vient une idée. Au lieu de pourrir la soirée, on va attendre de leur dire au revoir quand il retrouveront leurs voitures aussi givrée qu’eux pour leur dire que nous aussi on se sépare. Mais que c’est pas grave…qu’on les aime toujours, et que non on va pas  se bastonner, et qu’il faudra être prudent sur la route et pas se faire flasher…comme nous qui avons  perdu notre permis de vie commune point par point.

 

Ouais.., ça va être le moment de compter les vrais amis des faux, de voir les prises de parti des défausses, d’être l’élément qui perturbe le plan de table, de la nouvelle nouvelle histoire, des aventures et des dégoûts.

 

C’est drôle de penser que toutes nos soirées entre potes vont tomber dans l’oubli, que personne n’osera sortir les photos de nous ensemble à l’un ou à l’autre pendant des années. Que tout une portion de vie va d’un coup s’arrêter, rangée, cartonnée, étiquetée.. Attention danger, souvenirs violents, vois ce qu’il leur est arrivé….Et que toute une série de nouveaux souvenirs va bientôt chasser « l’autre ».

 

Ainsi va la vie...une histoire de liens. Des cordes se dénouent, d’autres sont immuables malgré le temps et les aléas.
Le jour se lève, et brûle mes yeux. Les rayons du soleil éclairent l’écran ou mon texte est verticalement couché.

De mes paupières à demi closes j’ai tâtonné, avançant au gré des touches sur mon clavier. Retournant les mots, découpant les syllabes, les mettant sans dessus-dessous, parfois jusqu'à me rendre saoul. Toute la nuit j’ai erré à coups de lettres, de mots assemblés, de phrases toutes faites et d’autres qui m’ont emporté.

Le jour se lève et l’impatience me prend. Celle de publier. Non, je n’ai pas cette arrogance, je ne suis pas un auteur, je n’attend pas de reconnaissance ni une quelconque hauteur. L’écrit est une renaissance, vagissements et douleurs, un peu comme les cris de la naissance qui finissent entremêles de joie et de bonheur.

J’ai cherché l’aube au fond du tiroir, la ou j’avais rangé la plupart de mes histoires. Il en est sorti des choses a raconter, des coups de gueule à pousser, des questions à se poser. Des tas de choses en vrac, en bric-à-brac mais en tout cas loin, très loin de ton JT ou l’on ne sait que parler de nuits agitées et ou les grèves et les raves ne font pas rêver et ne sont traduites en cauchemars que pour mieux t’aliéner.

Le jour se lève et le texte sort de l’obscurité. Tu le liras et tu diras franchement ce que tu en as pensé. Cette heure est brève, celle ou le compteur tourne sur la page et ou le conteur tourne la page. Les mots quittent le PC pour aller tournoyer sur d’autres machines à penser.

Le jour s’est levé. Le texte est parti dans les limbes des écrans bleutés. Le virtuel est éphémère. C’est sur, ces mots là vont toujours de pair. En attendant, il sera difficile de me faire taire.

(Inspiré par les slams de « Grand corps malade »)
Si la vie s’arrête a minuit, il me reste 24 heures pour jouir. Il me reste une journée pour penser, pour revenir sur mon passé. Si la vie ne durait qu’une journée, celle la serait chargée.

Flash-back sous les platanes, sur le goûter pris à l’ombre dans la cour de récré. Sur l’indolence, sur l’insolence, les seules choses que j’aurais apprises.

Gros plan sur l’amitié, les regards complices échangés, les cahiers copiés, les tapes dans le dos, les tapes dans la main les claques échangées, les coups de poings, les coups de cœur.

Accéléré sur les années collège, sur les années lycée, sur elle, sur eux, sur les copains, sur elle, enfin une autre elle, une autre aile, une hirondelle, en ronds d’elle, en rondelles, se foutant de ce que nous dirons d’elle.

Si la vie s’arrête a minuit, je suis presque à midi, au zénith après la fac et les petits boulots. Presque une nouvelle vie, enfin celle que je n’avais pas souhaité. Faites de contraintes et de corvées, de rond de jambe et de promiscuités vaseuses mais qui font la vie en société.

Et qu’est ce je croyais ? trouver un esprit sain dans un corsage ? Double faute. Dans les mailles du filet. Elle n’a pas d’esprit et ses seins laissent mon corps sage. Elle croit me quitter, mais cela faisait longtemps que j’étais parti…

L’après-midi s’avance et le soleil poursuit sa course inexorable. Je sais que le crépuscule viendra, mais il est encore loin.

Si la vie s’arrête à minuit, j’ai encore de longues heures de plaisir devant moi. Et je compte bien en profiter.
Je traverse la vie. Je ne crois en rien sauf en moi, et encore pas tous les jours. Rôdeur cynique.

Le temps m’a habitué à le traverser, à le transpercer. A me multiplier, à me démultiplier. A être partout sauf là ou l’on m’attendait.

Il y a un peu plus d’un an je l’ai rencontrée. Un soleil lourd. Une lumière aveuglante. Super nova brûlante.

Je suis tombé livide. Comme un shoot, comme un speed. Tout s’est accéléré. Le ciel s’est déchiré.

Je me souviens très bien du jour ou elle m’a quitté. C’était mon anniversaire, elle ne le saura jamais.

Un soleil noir a écrasé ma planète. J’ai explosé comme une bulle de savon.. Je n’ai été qu’un produit qu’on use et puis qu’on jète.

J’ai brûlé mes vapeurs d’alcool, j’ai relevé mon col et j’ai repris ma marche en avant. A jamais cynique et dérisoire.


Elle est Hell, Hell est elle. Belle à damner un saint, Hell à regarder ses seins, sa croupe incendiaire à te faire pâmer en Elle, à te faire rôtir en Hell.

Elle, extraterrestre, à te faire croire en Rael. A la bouche de feu, à la langue de flamme insatiable. A la cendre rougeoyante de son regard venu du fond des enfers.

Hell le cœur qui bat sous son aile, qui te prend et puis te jète, qui te grille et qui te panse, qui te met en vrille afin que plus jamais tu ne penses, qui te brûles jusqu'à ce que tu saigne, et qui te soigne, cicatriciel.

Ciel que tu atteins avec Hell, fiel que tu ressent en Elle. Est ce Hell ? Estelle ? Jamais tu ne sais.

Sel est la vie avec elle, Hell est la vie sans Elle. A moins que ce ne soit l’inverse…


Je suis flou. Je me vois peu, mais le peu que je vois a les contours effacés. Gommés.

Ainsi va la vie. On préserve le noyau. Défense dure. Blindage lourd.
No pain, no gain. Si tu n’as aucun gain, tu n’auras pas de pain dirait l’angliciste approximatif.

Recentrage. Valeurs essentielles. C’est quoi le bonheur ? C’est ou, quand, comment et surtout pourquoi  le bonheur ? suffit-il que les autres soient malheureux pour être soi même heureux ?

Anticiper le bonheur, c’est comme réaliser un fantasme. La réalité rattrape l’affliction. Regretter le passé, c’est se plonger soi-même dans ses regrets, se noyer dans sa vallée de larmes. Rechercher son Valhalla personnel.

Il n’y a pas de bonheur absolu comme il n’y a pas d’amour fou. Il n’y a que des instants. Des Polaroïds. Des images superposées, à durée limitée, jaunies dans nos mémoires, blanchies sur la pellicule. Des instantanés. Si le bonheur est dans le pré, alors il est dans le pré-sent.

A peu près. Petit bonheurs volés, joies éphémères. Rayons de soleil qui recolorient le fond de l’écran tapissé de neurones.

A peu près heureux. Savourant le bonheur de l’instant. Et si le bonheur était devant ?


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