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Ce soir j’ai revu bien au-delà de la multi-énième fois « Casablanca ». Bogart le cynique désabusé médusé, fort et cristallin à la fois, Bergman, claire, rayonnante avec ses yeux mouillés suggérant, attisant la passion entre ses deux hommes, l’atmosphère poisseuse, la douleur de partager, de se partager entre l’amour et le devoir, mélange des genres tourné en 1942, période troublée s'il en fût, par Michael Curtiz, et joyau intemporel.

Mais bon, je vais arrêter la avant de te prendre la tête, parce que parti comme je le sens, je vais t’en écrire une tartine tellement longue qu’on ne trouvera jamais de baguette assez longue pour lui servir de support.

En tout cas ça nous change des blockbusters aussi prévisibles que l’encéphalogramme d’une amibe en situation d’échec scolaire. Unis(versal) sur le même principe :

1/ séquence d’ouverture pyrotechnique pour te mettre dans l’ambiance, à t’enfoncer dans le pullman moelleux destiné à te faire oublier ton home cinéma, les crétins qui commentent le film a coté de toi et qui ne sont pas tes potes, les pop-corn graisseux, les portables, enfin ce qui fait le charme du cinéma en salles

2/ mise place de l’histoire, généralement simpliste, et de l’antagonisme entre les deux héros et du méchant de service. A ce niveau là tu peux sortir fumer ta clope, tu ne perds rien parce qu’a priori tu n’es pas venu pour ça. Le pic d’adrénaline redescend

3/deuxième pic d’adré. Au cours d’une séquence à te couper le souffle (surtout si tes poumons ressemblent à l’autoroute du nord) le méchant met le héros (ou les deux) a genoux sans compter la disgrâce des autorités qui font que nos antagonistes du début forment un pacte genre « lonesome héro » contre le mal absolu. Tu peux redescendre en pression

4/Apres un moment de calme, vient la tempête...Séquence finale, le méchant meurt dans d’atroces souffrances et sans le moindre procès dans une dernière séquence pyro. Ouf ! La morale est sauve et tu va pouvoir sortir de la salle en disant « putain , c’est chié quand même, ce qu’ils arrivent à faire ! »

A propos de morale…c’est la même qui conduit un panel (rien que le mot me fait rire) a choisir la fin, la censure du peuple pour le bien du peuple…C’est elle qui aux USA fait remonter Jean-Marc Barr parce qu’il y mieux a faire qu’a rejoindre son ami Enzo dans le grand bleu quand on a une femme enceinte
qui attend, c’est la même censure qui inscrit le mot "fin" en URSS (c’est pas jeune, je sais) à l'avant dernière séquence de Police Python 357 quand les flics viennent chercher Montand avant que dans la séquence suivante son adjoint ayant la preuve de sa culpabilité, décide de le couvrir malgré tout...

En tout cas je n’échangerais pas une minute de « Casablanca » contre deux quintaux de Lellouch. Le prêt-à-porter de l’industrie cinématographique ressasant cent fois la même histoire dans des décors différents et e nregardant vieillir pathétiquement ses même interprètes ne vaudra jamais ce joyau.

Petit jeu : ami bloggien, amuse-toi à chronométrer les séquences ci dessus si tu ne me crois pas. Tu verras que d’un film à l’autre tu n’as pas plus de 3mn d’écart.


Et si tu veux voir ou revoir un grand film, regarde Casablanca
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