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C’est insignifiant, ça ne vaut que quelques lignes dans le flot de l’info, juste un peu d’écume sur les vagues, un peu de bave pour certains, un peu de mousse pour les autres. C’est juste le retrait du marché d’un produit, même pas la création d’un mythe.

 

L’extinction des feux de la rampe, un rideau insouciant tombant sur un sujet de fantasme pour les uns, un objet de mépris pour les autres.

 

Voilà le mot que je cherchais. Un objet.

 

Et puis la mort d’une bimbo siliconée, ça intéresse qui ? La bignole qui ne voyage qu’a travers sa loge, les friands de croustillant qui ne verront la que l’abject qu’ils auraient voulu vivre, mais seulement par procuration, par peur d’y laisser leur vie grise et leur âme translucide, les éboueurs qui préfèrent mettre en lumière les poubelles dorées plutôt que de tremper leur nez dans la vraie putréfaction d’un monde qui meurt de faim, qui se meurt de guerres folles, dont ils ne vendent que l’avers brillant par ses travers sans retourner la médaille qui cache sous son revers d’autres travers plus mats, matés à force d’inhumanité.

 

Un objet donc. Ami bloggien, je ne te ferais pas le panégyrique que tu retrouveras ici et là, Voici et Gala, de la déesse des calendriers de routiers. Seul m’intéresse le générique, et surtout celui de fin. De la fin de l’objet.

 

Fin, au sens de la finalité. Décor d’une époque repérable à ses outrances à ses paillettes, placée la pour exciter les puritains de tous poils et les intellos de toutes plumes. Iconisée au rang d’absolu féminin, celui qui ne fait ni les courses ni la vaisselle mais est toujours généreusement disponible et qui passe du strass au trash au fur et à mesure de la déchéance martelée par l’age, la concurrence qui pousse à aller encore plus loin, a creuser dans les strates, passant de la coquinerie des débuts au scandale fomenté, puis à la vulgarité et au gerbable, vomi empilé sur des couvertures glacées. Triste époque qui se nourrit de la peau de banane qu’elle glisse sous les escarpins de pseudo célébrités.

 

Fin sans fin malgré un finish marketé quasi scénarisé pour faire penser, rappeler, ressembler, faire semblant d’épouser le destin du mythe des années 60. Fin triste, fin sordide. Fin aussi du produit, jeté pour cause de ventes décevantes, usé, carbonisé malgré les restylages, les positionnements, les soldes. Fin de l’icône, retour à la case bobonne celle qui torche les minots, qui est là patiente et tranquille en attendant que son homme ait fini de mater les obus, qu’il soit moins obtus. Qu’il la prenne moins pour un objet usuel, qu’il la comprenne plus dans un respect mutuel.

 

Anna Nicole Smith. Pas une trajectoire, pas une météore, juste un objet de décor déniché en brocante et terminant bradé en vide-grenier. Objet consentant, ayant rempli son rôle avant l’apparition du modèle suivant. Avant que le cycle ne se régénère avec une autre plastique extérieure, un autre plastique intérieur, un sac plastique pour tout horizon…

 

Triste vie malgré les sunlight, triste fin sous les néons. Playmate et mat.
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