Night Prowler
Partout ou je puisse errer
| Décembre 2008 | ||||||||||
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Parce que j’ai besoin de tromper la solitude, parce que tu es encore à l’autre bout du monde, parce l’ombre est le temps des chiens, parce que la nuit me cache les hommes, parce que ce soir j’ai envie de m’abreuver.
Je vais encore sortir ce soir.
Le long de l’avenue les robots sont en train de moudre inlassablement les trois couleurs. Pale reflet éclairé par le tableau de bord et le point rougeoyant de ma clope. Brume légère qui monte dans l’habitacle secoué de musique, je remonte le pavé entre deux rangées de balises lumineuses au dessus de moi, comme si j’essayais de faire atterrir un avion sur le dos. Je monte et je mate. Les néons crachotants des enseignes sur les murs me font discerner tout un petit peuple pressé, riant ou engoncé, serré, enserré pour se maintenir chaud malgré le froid.
Tu me manques.
Des yeux rouges d’un coté, des blancs de l’autre, la nuit départage les voitures et les vies, les histoires montantes et descendantes.
Et nous ou en sommes nous ?
Je claque la portière, je frissonne sous le brusque changement de température, puérilement je tire un peu plus sur ma tige pour me réchauffer. Je prend possession du trottoir, nuque crispée, pas rapide, mes pas me portent vers le violet criard au dessus de la bulle de lumière.
Chaleur, bruit et odeur, je respire, déplie mes poumons, te chasses de pensées. Ce soir ce sera tournée contre tournée, ce sera bande éméchée, mèche allumée, pastis a volonté, discussion échauffées, plaisir de se retrouver, piliers de bars, de comptoirs, de tables, de formica, de fumée. Bulle savonnée dans laquelle je vais me glisser pour tout oublier, pour t’oublier…
Pour oublier ton absence, pour oublier ton silence.
Libre réponse