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Quand je me revois…Putain quand je me revois…Comment le soleil peut il taper comme ça ?

 

Etait ce bien le soleil ? ou les margharitas ? ou les sunlight, les projos qui carbonisaient mon pauvre neurone. L’entraînement peut-être ? cette impression de redevenir collégien, la tête cherchant les nuages pour s’y réfugier, les pieds dans les sables mouvants, dans le sable émouvant du sablier qui s’écoule.


Un sablier vous dis-je. Des seins lourds, une taille fine, des hanches…et au milieu le sable de la plage qui s’écoule, grain par grain de beauté, calice doré jusqu'à la lie.


Après tout on était la pour ça non ? boire le sable humide d’eau salée, lui donner la forme de nos fantasmes le matérialiser par l’humide jusqu'à ce qu’il retombe et redevienne grains épars.


Epars, et pars en vrille dans le cône qui se forme dans les hanches du sablier et qui s’écoule, vitesse grand V inversé. Paroles imbues, paroles trop bu, paroles sans fin , paroles de fin. Montage en épingle décalées mot à mot pour blesser l’autre, recalées pour se faire recaler.


Sombre imbécillité, phrases balnéaires pour la Grande-Motte adaptées au soleil mexicain, mais sonnant tout aussi faux. Pauvre âne bâté qui croisait apprivoiser la caméra sans se rendre compte que c’était lui le gibier.


Le plus dur à supporter dans tout ça, ce n’est pas le seul moment de vérité de ma tentatrice : l’au revoir, non l’adieu, à l’aéroport, un cube de métal et de verre aux arêtes vives écorchant ma peu. Un peu comme si le sablier volait en éclat me coupant de brisures transparentes tandis que le sable s’écoulait à jamais sur le tarmac. Non ce n’est pas le plus dur. La rupture honteuse, les regards de désapprobation ou ceux de complicité voire d’envie de mon entourage. Ca aussi ça se surmonte.


Le plus dur, c’est de me voir, face à moi même par écran interposé. Blaireau 1er roi de la playa. Don Pedro de Pataugas sans le masque de Zerro. Le miroir déformant ou plutôt informant de ma fatuité, de mon incapacité à gérer, de ma crasseuse supériorité. Face à face avec moi sans compromis.

Après tout je l’ai choisi me direz vous. Ca, et elle, le sel sur ses épaules, les gouttelettes tombant sur son ventre, le sable sur sa peau dorée, les draps froissés sur ses courbes.

 

C’est tout ce qu’il me reste désormais.

Une cassette.

 


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