Night Prowler
Partout ou je puisse errer
| Décembre 2008 | ||||||||||
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Tu étais presque au bout. Toujours entre deux attaques, l’avant dernière et l’ultime. A chaque fois cette perte de facultés, ce terrain perdu qu’il fallait regagner à coup de rééducation et d’orthophonie.
Depuis tes seize ans tu travaillais, au début au noir avant d’avoir un vrai boulot. Depuis toujours tu avais été actif, jamais au repos, toujours a faire, à défaire pour améliorer. Tu ne te contentais jamais.
Tu ne pouvais pas te résoudre à baisser, à ne plus pouvoir conduire, a ne plus pouvoir sortir ton bateau. Peut-être que le premier AVC aurait du t’emporter huit ans plus tôt. Cela aurait été peut-être mieux. Depuis tu t’éteignais comme un filament usé, laissant a chaque fois des bribes de son passé.
On riait la veille, et ce soir là quand je suis repassé, un mot griffonné m’attendait sur le palier. J’aurais aimé être la, être près de toi, je ne t’aurais jamais permis de franchir le pas.
On s’est loupé de peu, vingt/trente minutes maxi. C’était ton dernier acte et je m’en veux un peu de ne pas avoir été présent.
Je voulais parler de ce mec qui est mort il y dix ans ce soir. Ce type était mon père.
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