Night Prowler
Partout ou je puisse errer
| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Bien sur, au bout d’un moment tous ces faits divers ne pouvaient plus passer inaperçus. Surtout à partit du moment ou ils interpellent le quidam lambda, le mongolien de moins de cinquante ans.
C’est la presse de comptoir qui a tiré la première. Avec des manchettes apocalyptiques. Chez le francilien libéré on n’a jamais fait dans la dentelle. Un jour on vilipende le trou de la sécu le lendemain on s’insurge contre les mesures pour le résorber. Aujourd’hui c’était bien sur les remugles de guerre civile. Histoire de donner le frisson et d’alimenter les conversations entre deux Kanter. Mais pour une fois ils visaient juste.
A Matignon, l’occase était trop belle de rappeler le ministre de l’Intérieur a ses devoirs. Ce fut fait au cours d’un conseil des ministres et colporté a travers tous les journaux. Après tout quand on a la possibilité de mettre en difficulté un rival, pourquoi se priverait- on ?
La réplique ne se fit pas attendre. Solidarité avec le gouvernement, « oui ». En soulignant au passage d’un changement de casquette qu ’une nouvelle politique devait être mise en place. 1 partout la balle au centre et tandis que le torchon brulait au sommet de l’Etat d’autre feux s’allumaient, et ceux la n’étaient pas près de s’éteindre.
Place Beauvau les difficultés s’amoncelaient. Les RG, les différents corps de police étaient incapables de trouver un lien un fil conducteur. On ne peut pas surveiller tous les anonymes se lamentait Montalivet au ministre qui exigeait des résultats. Depuis le début plus de six cent personnes avaient été arrêtés et parfois dans des conditions extrêmes qui faisaient monter au créneau la gauche. La plupart relachées, mais un noyau dur se formait. C’était palpable. Au fur et à mesure des jours, les actes devenaient de plus en plus violents et sans aucune raison apparentes. Un mot, une étincelle, une exaspération et l’incendie se propageait.
Je n’avais pas trop le cœur a la radio ces derniers temps. Envie de recul, de faire le point . Mais je restait à l’affut cependant et peu à peu les cordons se dénouaient. La division entre deux catégories se faisait jour. D’un coté ceux que j’avais nommé les Berserkers et de l’autre une population qui ne demandait qu’a basculer. Pétrie de JT sécuritaires, angoissée par la peur du lendemain, craignant pour leur livret A et l’écran plasma qui trônait dans le salon a coté de meubles rococo, désorientée par la conjoncture économique, déstabilisée par une lecture de plus en plus compliquée des évènements. Ceux la me paraissaient infiniment plus dangereux. Une ligne de partage. D’un coté des fous furieux prêts a tout balayer, de l’autre d’autre fous prêts a tout pour les en empêcher.
Il ne manquait plus qu’une étincelle.
Elle arriva en plein Forum de halles. La FNAC le temple de le culture. 10000 visiteurs par jour au moins. Un microcosme de gens pressés d’acheter le dernier CD ou la dernière vidéo, des petits malins tranquilles venant lire un bouquin ou une BD assis peinardement par terre, des gadgets audio et vidéo a gogo. Un service d’ordre peu enclin au sourire, des vendeurs débordés et imbus de leur gilet pour qui seul comptait le matos haut de gamme. 3 étages de loisirs reliés par des escalators.
L’homme avait tranquillement débranché un ordinateur et l’emportait sous son bras. Un homme anonyme, ni grand ni beau vêtu d’un jeans et d’un t-shirt, un blouson de cuir sur ses épaules, un regard dur et insondable sur le visage. L’altercation commença vivement sous les yeux médusés des clients. Entouré de gros bras , l’homme tranquillement posa son butin et méthodiquement assena plusieurs claques au vendeur en gilet. Tandis qu’on fermait les portes de l’étage et que les costumes gris tentaient de le maîtriser, d’autres clients excités prirent la sécurité à partie et commencèrent à piller le rayon, s’engouffrant à contre sens dans les escalators. Ils furent rejoints dans leur fuite au niveau inférieur par d’autres acheteurs. La traînée de poudre se répandit au rez-de-chaussée. Courant entre les rayons saisissant ce qu’ils pouvaient emporter. La razzia avait commencé..
Libre réponse