Profanation

Publié le par Serval

Je te plains.

Je ne sais pas pourquoi et au surplus, je n'en ai aucune envie, mais c'est comme ça.  Je te plains.

Je ne sais pas qui tu es, et au fond je m'en fous.  Tu  n'es rien. Je ne sais même pas comment t'appeler.  Etre humain, surement pas,  homme encore moins, animal, ce serait  leur faire une insulte.  Je vais t'appeller  Rien, ou nada, nib, néant ou zéro.

Tu  es poursuivi  ici, jugé là , fomentant ton forfait ailleurs. Tu as toujours le même visage. Celui de la haine, celui de la lacheté, celui de l'imbecillité, celui de l'ignorance crasse.  Crasse come ton cerveau, comme ta vie, comme ton ombre. Même ton ombre  est crasseuse, puante comme  l'humanité qui abandonne ses enfants ensanglantés en plein soleil  aux vautours guerriers.
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Il y a des gens qui s'attaquent aux vivants. Toi tu souilles les morts. Il y a  des gens qui s'attaquent  au portefeuille, toi tu touche  au coeur.

Pourquoi  ? Pour Rien. Parce tu crois à un mensonge que tu penses salutaire, alors qu'en fait ce n'est qu'une vérité dévastatrice.

Une vérité dévastatrice pour nous, les hommes, les êtres humains , bref ce que tu n'atteindras jamais. Nous qui pensons, nous qui croyons.  Nous qui croyons surtout que cette époque de barbarie était finie. Que la bête était terrassée, que  la civilisation après avoir failli s'engloutir  telle les Atlantes avait surnagé et s'était  reconstruit sur des bases  plus saines que les pogroms, les autodafés et les nuits de cristal.

Mais voila,  il y a encore au fin fond  du Rien  des moins que Rien. Des laches qui cassent les stèles qui barbouillent  de sigles honnis  et qui parfois deterrent ceux qui n'ont jamais eu la paix que sous le sol , et qui ramenent à la lumière la douleur, les pleurs et le mal.

Je te dis cela et je te plains. Parce qu'engoncé dans tes oriflammes ta nuque rasée, tes grelots ou pire anonyme quidam au veston croisé tu ne pourras jamais me comprendre. Jamais. Parce que jamais tu ne seras un homme. Parce ton destin c'est Rien, nada, nib, zéro.

Je te plains aussi parce que quoique tu fasses le bras tendu et le cerveau en berne, nous serons toujours plus nombreux et plus avides que toi de liberté et de justice. Tu dois me haïr, même si je ne suis pas noir, même si je ne suis pas juif. Simplement parce que j'ai une plus haute opinion que la tienne des valeurs que tu prétend défendre et que tu foules au pied comme le drapeau de ce pays.18651841.jpg

Tu ne risques rien, tes jours ne sont pas en danger. Mais si tu as deux sous de conscience, je n'en dirais pas autant de tes nuits.


Publié dans Toutes griffes dehors

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brigetoun 11/09/2007 10:51

je crains que le pire soit qu'il est humain, assez pour com:prendre qu'il a intérêt, vrai ou non, à orétendre avoir changé