
Bien sur tu la
connais ami bloggien cette vieille histoire de la canne à pêche et du poisson. C'est la base même des antagonismes sur la politique à mener face aux pays en voie de developpement. En résumé :
"Donne un poisson à un pauvre et il mangera une journée, donne lui une canne à pêche et il mangera toute sa vie".
Donner un poisson c'est pourtant ce que Brice Hortefeux, le nouveau ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement s'apprête à faire sous forme d'une
aide au retour de 6000 €.. C'est déjà une intention plus louable qu'un billet charter menottes comprises. C'est aussi une politique qui avait été initiée il y a trente ans sous Giscard et dont
les effets ont toujours été limités.
Mais la problématique n'est t'elle pas inverse en fait ? C'est un peu simple de dire que ces fameuses hordes de sarrazins que seuls quelques David Vincent de pacotille voient ariver en
couscoussière en lieu et place des soucoupes volantes dans un champ ou leur esprit s'est égaré, viennent pour les folles nuits nocturnes qui se terminent souvent au petit matin dans un habit
bardé de bandes fluo pour ramasser les poubelles.
Les motifs aujourd'hui ne sont pas qu'économiques, même s'il est tentant de fuir la misère et d'aller dans un pays que l'on dit encore brodé d'or et cousu d'argent.. Ils sont aussi le fait de
l'emergence d'une jeunesse qui aspire à plus de liberté, et moins de répression et qui n'hésitera pas à payer au prix fort (parfois plus que les 6000 € qu'on leur octroie pour rentrer chez eux)
des marchands d'illusions, des négriers des temps modernes, des passeurs clandestins qui leur feront franchir la frontière.
La vraie question n'est elle pas plutôt que de les refouler, de comprendre pourquoi ils viennent et d'utiliser cet argent soit dans le développement de partenariats pour un véritable essor
économique et non pas un saupoudrage qui permet à une classe émérgente de continuer à regner, soit par la diplomatie plus que par la force,

de faire pression sur certains pays dont la dictature issue de la
décolonisation regne toujours et fomente deux castes : ceux qui partent et ceux qui se radicalisent dans la religion ou la lutte armée participant ainsi à l'engrenage malsain de la repression et
de la justification d'un régime autoritaire.
On peut acheter beaucoup de poissons avec 6000 €, mais on peut acheter encore plus de cannes à pêche.
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