Tant de mots à écrire, tant de maux à décrire...

Publié le par Serval

Ami bloggien, je suis passablement fatigué ce soir...énervé aussi. Pas tant par cette finale perdue mais par ce perpetuel remplissage de colonnes de presse comme de blogs, de cette infantilisation que l'on nous renvoie en nous disant qu'après tout c'est nous les demandeurs de ces ragots, de ces rogatons de poubelles, et que le vrai journalisme d'investigation se fait désormais non pas dans des enquêtes approfondies mais dans des querelles de clochers, de couloirs, voire d'organes de presse.

Tant de mots à écrire, tant de maux à décrire...mot-a-maux.jpg

Et pourtant on choisit ses mots comme on choisit ses maux.

Plus loin, la bas, dépassé le périphérique et ses alentours, on continue les guerres, les massacres, les génocides, Plus près on continue dans la précarité, dans l'espoir ou le désespoir selon de quel coté  de la barre à mine on se trouve.

Mais qui s'en soucie, en ce moment, dans ce no man's land de l'interprésidence ? Dans l'attente de ceux qui sont invités à faire leurs cartons et des autres qui attendent leur carton d'invitation...

On choisit les maux et on prétend choisir les mots. Des maux croisés en quelque sorte.

C'est qu'il les faut ces 1500 signes quotidiens, il y en a qui prient pour les avoir, qui se ruent sur la rumeur, qui tueraient pour être les premiers à annoncer la tumeur. Qui interpretent, qui décortiquent qui sortent le thermomètre miracle de la Sofres ou du CSA pour conforter leur opinions ou leur analyse, qui brassent des signes, qui crawlent sur l'air du temps, qui papillonnent sur les bruits qui surnagent dans le marigot.

Et le marigot, on est en plein dedans.

Parce que les maux dits dans les on dit, sont la pature des mots dit, écrits, retranscrits en espérant qu'on s'inscrit dans dans le sillage, dans le filon de la presse à gogos, celle qui aime la polémique, et de préference la plus stérile possible.

Alors s'il n'y a pas de polémique, on souffle, on s'essoufle sur les braises, on s'escrime, on découvre des crimes, on lacryme, on lacère, on serre, et finalement on sert sur un plateau  en se justifiant au nom de la liberté de la presse et de l'info.

normalchof20o20skottc2.jpgLes tribulations conjugales des Hollande/Royal ou des Sarkozy, les jeux d'ombre et de lumière des uns et des autres, les soupçons de censure comme les  révelations de césure ne sont pas le reflet de l'application d'une politique, juste celui d'un voyeurisme malsain destiné à accréditer une pseudo liberté quand d'autres sujets sous l'écran de fumée resteront asphyxiés à jamais.

 

Pendant ce temps, les maux qui continuent à ronger la planète sont occultés par les mots qui rongent les éditoriaux.

 

 

Publié dans Toutes griffes dehors

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Serval 14/05/2007 21:49

Merci Brigitte !!!

brigetoun ou brigitte celerier 14/05/2007 20:44

non seulement je ne peux qu'être d'accord, mais, parole, que c'est bien dit !