Le bateau qui cache l'amer

Publié le par Serval

Maman les pt’its bateaux qui vont sur l’eau ont ils des jambes ?

 En tout cas en voici un qui aura fait courir, et surtout couler de l’encre (et non pas couler de l’ancre). C’était improvisé paraît-il, un peu comme quand on se dit qu’il fait beau et qu’on va aller mettre le Zodiac à l’eau...Sauf qu’un Zodiac de 60 mètres ça ne se déplace pas comme ça, surtout avec la logistique qui va autour, jet privé pour le rejoindre compris.
 
20070509.WWW000000269-3677-1.jpgCe yacht était juste là pour frapper les esprits. Là ou d’autres présidents partaient en catimini, on l’étale, la ou on utilisait les avions du GLAM, on fait appel à un ami (je présume que la suite sera le 50/50…), là ou la fonction présume de la hauteur, on parle des valeurs de la famille trop longtemps délaissée (séquence quasi lacrymale à la clé), et on fait sa conférence de presse décomplexée pendant son jogging. Une image de marque donc que l’on se façonne d’entrée. Rien d’autre. Un symbole de plus dans une campagne qui en aa déjà été bien chargée
 
 Partant de la, tout ce que l’on a pu dire ou écrire dessus n’aura servi qu’a faire parler de soi. C’était le but, comme le dîner au Fouquet’s, histoire de monter deux blocs l’un contre l’autre et de prendre à témoins les français de la vilenie du camp d’en face, « qui en a bien profité quand il était au pouvoir, mais que maintenant c’est l’ère de la franchise et de la rupture bla bla bla, bla bla bla… ». Marketing politique de la polémique.
 
 Et si d’un coté on a le bateau, de l’autre on a l’amer. 

L’amer qui s’est matérialisé par des échauffourées ici et la, notamment à la Bastille, haut lieu symbolique s’il en est. Une ânerie sans nom à un mois des législatives et qui décrédibilise la gauche (la vraie, celle démocrate et parlementaire), et conforte la frange la plus agée et la plus dure de la droite dans son rejet de la jeunesse. Quant on pense en plus qu’il a suffit en 2005 de quelques violences pour que l’on se retrouve en « Etat d’urgence » pendant quatre mois, on mesure la portée de l’inconséquence de ces actes alors que le nouveau pouvoir n’est pas encore en place, et surtout qu’il a été élu par le peuple et qu’un vote que l’on soit pour ou contre, cela se respecte. Une ânerie vite récupérée médiatiquement.

L’amer aussi dans les Etats-Majors de gauche et du centre, ou Bayrou se retrouve être le roi nu finalement de cette élection, ou la nuit des longs couteaux s’est faite jour au PS des 20h01.

L’amer aussi pour les électeurs de gauche qui ne voient pas venir le Moïse qui les amènera vers la terre promise électorale. Et pourtant la mer Rouge est en train de se fendre. Tiraillée depuis longtemps entre ses deux tendances principales, l’une conservatrice courant vers l’extrême gauche et l’utopie, l’autre moderniste appelant à admettre à l’instar des autres Partis Socialistes Européens, l’économie de marché et à opter pour une social-démocratie et une rénovation qui aurait du être faîte depuis 2002. Et pendant que le PS se déchire à pas feutrés, à coups de prises de positions et de déclarations et qui, on le sent, va prendre une position « centriste » tout au moins jusqu’aux législatives afin de ne pas imploser, vogue la galère….

 

AFP-070509sarkozy-yacht-n.jpgUn yacht d’un coté, une galère de l’autre. Quand je disais que cette présidence était chargée de symboles…

Publié dans Toutes griffes dehors

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@tom 23/05/2007 21:37

J'aime beaucoup ta comparaison yacht-galère... en gros, pour les autres, il restes les canots de sauvetage?

brigetoun ou brigitte celerier 10/05/2007 22:48

si c'était à pas feutrés ! un peu résignée, un peu perversement fière, un peu beaucoup triste